Dépanner un client à distance, c’est devenu une évidence : un appel, un identifiant, et on prend la main sur son écran sans prendre la voiture. Le problème, c’est que les outils les plus connus passent tous par les serveurs de leur éditeur, avec des licences commerciales qui coûtent vite cher à un indépendant ou à une petite structure.
RustDesk est l’alternative open source qui monte : un logiciel de prise en main à distance qui fonctionne tout de suite, comme TeamViewer, mais que l’on peut faire tourner sur son propre serveur. Les connexions de vos clients ne transitent alors plus par l’infrastructure de quelqu’un d’autre.
Le principe
RustDesk se compose de deux parties. D’un côté, le client : l’application installée sur le poste du technicien et sur celui de la personne à dépanner. De l’autre, le serveur, qui met les deux en relation.
Le serveur lui-même comprend deux petits programmes : hbbs, le serveur d’identifiants (il sait quelle machine porte quel ID et aide les deux postes à se trouver), et hbbr, le relais, qui fait passer la connexion quand les deux machines ne peuvent pas se joindre directement à cause d’un routeur ou d’un pare-feu.
Par défaut, le client utilise les serveurs publics du projet. Mais il suffit d’indiquer l’adresse de votre propre serveur dans les réglages pour que tout passe par chez vous. Le client comme le serveur sont publiés sous licence libre AGPL-3.0.
Ce qu’il fait
- Prise en main à distance d’un poste Windows, macOS, Linux ou Android, avec une application iOS et un client web en plus ;
- Connexion par identifiant et mot de passe, sans ouvrir de port chez le client : le serveur s’occupe de la traversée du NAT et, à défaut, du relais ;
- Chiffrement des connexions avec la clé publique de votre serveur (fichier
id_ed25519.pub, générée au premier lancement dehbbs) ; - Auto-hébergement complet du serveur, en Docker ou en paquet
.deb, sur un petit VPS, un NAS ou une VM Proxmox ; - Une version Pro payante du serveur pour les entreprises (console web, API, OIDC, LDAP, 2FA, gestion des appareils et des droits), la version libre se limitant à
hbbsethbbr.
Les points forts
- Vos connexions restent chez vous : avec votre propre serveur, aucune session ne dépend d’un service tiers ni de ses éventuelles pannes ou changements de tarif ;
- Gratuit et libre, sans limite de postes avec le serveur open source ;
- Projet très actif : plus de 125 000 étoiles sur GitHub, et une version 1.5.1 publiée le 1er novembre 2026 qui ajoute notamment la vérification des métadonnées de mise à jour signées ;
- Léger à héberger : deux services dans un conteneur Docker, quelques ports à ouvrir, et c’est tout ;
- Interface familière pour le client final : un ID, un mot de passe, comme les outils qu’il connaît déjà.
Où le télécharger ?
Le projet le précise lui-même : rustdesk.com est son seul domaine officiel. Ne téléchargez jamais RustDesk ailleurs.
- Site officiel : rustdesk.com
- Page de téléchargement du client (redirige vers les versions publiées sur GitHub)
- Code source du client (GitHub)
- Code source du serveur open source (GitHub) et ses versions (paquets
.deb) - Image Docker du serveur : rustdesk/rustdesk-server
- Documentation officielle, dont le guide d’auto-hébergement et l’installation avec Docker
- Client web
Comment l’essayer ?
- Sur un serveur Linux (VPS, VM ou NAS compatible Docker), installez Docker si ce n’est pas déjà fait :
bash <(wget -qO- https://get.docker.com) - Récupérez le fichier Compose officiel de la version libre :
wget rustdesk.com/oss.yml -O compose.yml - Lancez les deux services
hbbsethbbr:sudo docker compose up -d - Ouvrez sur le pare-feu les ports minimum indiqués par la documentation :
21115à21117en TCP et21116en UDP (par exempleufw allow 21115:21117/tcppuisufw allow 21116/udp). - Récupérez la clé publique du serveur dans le dossier de données :
cat ./data/id_ed25519.pub - Installez le client depuis rustdesk.com/download, puis dans le menu ⋮ → Réseau, renseignez votre serveur dans Serveur d’ID (ex.
rustdesk.mondomaine.be) et collez la clé dans Key. Faites de même sur le poste à dépanner, puis testez une connexion.
Quelques précautions :
- N’exposez que les ports nécessaires. Les ports WebSocket
21118et21119ne servent qu’au client web : la documentation recommande de les garder fermés si vous ne l’utilisez pas (la commandeufw allow 21114:21119/tcpde la doc les ouvre tous, adaptez-la). - Renseignez toujours la clé publique dans les clients : sans elle, la connexion avec votre serveur n’est pas chiffrée comme prévu.
- Gardez le serveur et les clients à jour, comme tout service exposé sur Internet.
- Un outil de prise en main à distance est aussi l’outil préféré des escrocs au « faux support technique ». Expliquez à vos clients qu’ils ne doivent jamais donner leur ID et leur mot de passe à quelqu’un qui les a appelés sans qu’ils l’aient demandé.
Le conseil BETOTECH
Pour un indépendant ou une petite équipe qui dépanne régulièrement à distance, RustDesk auto-hébergé est un excellent compromis : pas d’abonnement, pas de dépendance à un service tiers, et un fonctionnement que les clients comprennent tout de suite. Un petit serveur Docker suffit, et on peut même préparer un client déjà configuré avec son serveur et sa clé pour le parc de ses clients.
Vous voulez votre propre serveur de dépannage à distance, installé et sécurisé proprement ? Contactez-nous, nous le mettons en place avec vous.
Sources
- RustDesk – site officiel
- RustDesk 1.5.1 – notes de version (GitHub, 1er novembre 2026)
- RustDesk Server – dépôt officiel (GitHub)
- Documentation RustDesk – auto-hébergement
- Documentation RustDesk – installation du serveur OSS
- Documentation RustDesk – configuration du client
Article publié le 6 novembre 2026. Les logiciels évoluent vite : avant d’installer, vérifiez toujours la documentation officielle du projet (liens ci-dessus).